Guerre en Ukraine : quels impacts sur les entreprises françaises ?

Un bouton power on off dans une usine
© Mikhail Nilov via Pexels

Les entreprises françaises, qu’elles soient implantées ou non en Ukraine, vont subir les effets de la guerre. Après deux ans de pandémie, le choc risque d’être lourd à encaisser. Mais le gouvernement se veut rassurant et promet de venir en aide aux acteurs concernés.

À mesure que les entreprises françaises implantées en Ukraine s’organisent pour protéger leurs salariés, leur stock et leurs locaux, certains craignent que le conflit qui oppose le pays à la Russie ait des répercutions au-delà des frontières.

Augmentation des prix de l’énergie et risque de pénuries

Moins de 20% du gaz utilisé en France provient de Russie. Cela ne suffit pas à rassurer François Asselin, président de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME), qui plaide pour des mesures de soutien aux PME face à une potentielle hausse des prix de l’énergie. Au micro de France Inter, il expliquait le 1er mars 2022 que le prix de l’énergie était une « préoccupation majeure » pour certaines entreprises énergivores, qui craignent de voir leur facture énergétique doubler. Il assure que si le gouvernement ne prend pas de mesures pour amortir les coûts exponentiels, certains entrepreneurs pourraient stopper leur activité.

L’autre crainte, c’est la pénurie de matières premières. Palladium, néon, titane… autant d’éléments qui sont importés de Russie et d’Ukraine et qui, s’ils venaient à manquer, pourraient mettre à mal certaines industries – notamment l’aéronautique.

Le gouvernement répond présent

Dès le 1er mars, le ministre du Commerce extérieur Franck Riester promettait que l’État allait accompagner les entreprises françaises subissant les conséquences du conflit. Une promesse appuyée dès le lendemain par Emmanuel Macron lors d’une allocution télévisée. Soulignant que de nombreux secteurs économiques – « comme l’agriculture et l’industrie » – allaient souffrir, le président de la République a alerté sur les conséquences que le conflit allait avoir sur la croissance française. Il a annoncé la préparation d’un « plan de résilience » par Matignon. « Nous épaulerons les secteurs économiques exposés en recherchant de nouveaux fournisseurs et débouchés commerciaux. Nous apporterons des réponses adaptées à l’augmentation des prix », a-t-il assuré.

Le détail du plan n’a toutefois pas encore été communiqué.

De son côté, la ministre de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher a reçu les représentants des 19 filières industrielles françaises pour analyser les points de difficulté des différents secteurs.

À l’avenir, mieux prendre en compte les risques géopolitiques

Au-delà des aides du gouvernement, le conflit doit aussi être le signe pour les entreprises qu’il est important de se protéger face aux risques géopolitiques.

François Beaume, vice-président de l’Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise (Amrae) regrette dans les colonnes des Echos que si peu d’entreprises soient protégées face à ce type de situation. Il exprime un décalage entre les précautions des grands groupes, qui ont mis en place des outils de veille sur les risques géopolitiques, et les PME qui, même lorsqu’elles sont physiquement implantées sur des territoires « à risque », s’en soucient peu car « couvrir un risque de guerre est onéreux et difficile à mettre en place », précise-t-il. Du côté des entreprises qui entretiennent des relations commerciales avec les pays concernés, il existe aussi des risques – plusieurs patrons évoquent les pertes liées à l’impossibilité d’honorer les contrats avec l’Ukraine – mais elles sont, en général, encore moins protégées.

Le conflit rebattra-t-il les cartes en matière de protection des entreprises ?

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