Démissions, salaires, pénurie de talents… Les grands défis RH de la rentrée pour les patrons

Un homme en train de marcher un eéquilibre sur un fil entre deux falaises
© aluxum via iStock

En entreprise, les crises se suivent et ne se ressemblent pas toujours. Après 2 ans marqués par la pandémie, les patrons d’entreprise doivent faire face à de nouveaux défis.

51% des patrons cherchent à recruter. Un bon signal ? Pas vraiment, si l’on en croit l’enquête de la CPME publiée en juillet 2022. 94% des dirigeants rencontrent des difficultés de recrutement, et 24% sont confrontés à un turnover important.

Grande démission…

Il faut dire que depuis des mois, un spectre plane sur le monde de l’entreprise : celui de la « Grande démission », qui fait écho au « Big quit » américain, conséquence de la pandémie. Vraie tendance de société ou signal faible ? La Direction de l’Animation, de la Recherche, des Études et des Statistiques (Dares) revient sur le phénomène. Dans une publication intitulée « La France vit-elle une Grande démission ? », l’administration (qui dépend du ministère du Travail), donne quelques chiffres impressionnants. Ainsi, fin 2021 et début 2022, le nombre de démissions a atteint un niveau historiquement haut, avec « près de 520 000 démissions par trimestre, dont 470 000 démissions de CDI ». Un record, que la Dares met tout de même en perspective. Le taux de démission atteint 2,7% au 1er trimestre 2022. C’est certes plus que lors de la crise financière de 2008-2009, mais moins que les niveaux atteints début 2008 (2,9%).

… pénurie de talents…

La Dares ne s’alarme donc pas de ces chiffres élevés. Ce qui semble davantage l’inquiéter, ce sont les difficultés de recrutement, qui atteignent « des niveaux inégalés dans l’industrie manufacturière et les services » notamment, et est « au plus haut depuis 2008 dans le bâtiment ». De son côté, l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) a publié une étude notant qu’entre avril et juin 2022, 82% des entreprises ont rencontré des difficultés pour recruter des cadres. Du jamais vu. De l’aveu même de Gilles Gateau, le directeur général de l’association, cela pourrait à terme représenter une « véritable menace pour le développement économique des entreprises ».

… et inflation

Au-delà de la pandémie, la crise financière change la donne en entreprise. Ainsi, avant l’examen du projet de loi sur le pouvoir d’achat à l’Assemblée, les syndicats ont estimé le 12 juillet 2022 que le sujet prioritaire devait être l’augmentation des salaires. Dans un texte commun, les différentes centrales syndicales ont insisté sur l’urgence de la situation, estimant que « la prise en charge de mesures de pouvoir d’achat est aussi de la responsabilité des employeurs privés comme publics ». Le sujet n’épargne pas les cadres, l’Apec soulignant qu’ils sont aujourd’hui 49% à souhaiter augmenter leur rémunération. Selon l’enquête de la CPME, deux tiers des employeurs indiquent avoir augmenté les salaires de leurs équipes depuis le début de l’année, et 58% prévoient de le faire prochainement. Pourtant, la Dares indiquait dans son enquête sur les salaires de base du secteur privé, que l’indice du salaire mensuel de base avait chuté de 2,3% en un an au premier trimestre 2022 (en prenant compte de l’inflation).

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