Due diligence : les entreprises aussi scrutent leurs investisseurs

© portishead1 via iStock

Alors que les investisseurs ont fermé les robinets, choisir ses futurs actionnaires peut paraître contre-productif. Mais être tatillon au départ est le meilleur moyen d’éviter de futurs problèmes de gouvernance.

Le fonds américain Forepont Capital aurait dû passer plus de temps sur la due diligence de la start-up Relyfe… Cela lui aurait évité une ardoise de 2,5 millions d’euros et un conflit avec le dirigeant de l’entreprise qui se déplace sur le front judiciaire. Mais les investisseurs ne sont pas les seuls à faire les frais de due diligence bâclées. Les dirigeants se doivent eux aussi de faire leurs devoirs avant de s’engager, au risque de cruelles désillusions. Financières, d’abord : business angel finalement insolvable, actionnaire qui refuse de réinvestir et fait capoter un nouveau tour de table, term sheet non honorée… Autant de cas de figure rares mais éprouvants pour ceux qui ont dû y faire face.

Scruter les chiffres

De plus en plus d’outils permettent aux dirigeants de vérifier que leur projet correspond bien à celui qui leur est présenté par l’investisseur potentiel. Dealroom a ainsi publié au printemps un classement de plus de 150 000 fonds d’investissement, en se fondant sur les licornes et futures licornes qu’ils ont réussi à dénicher – un seul fonds français figure dans le Top 10 : Kima Ventures. En scrutant certaines données quantitatives (nombre de start-up en portefeuille, valeur totale du portefeuille…), le dirigeant peut estimer l’intérêt que son entreprise représente pour le fonds et ainsi s’assurer que l’investisseur, notamment s’il lui promet un soutien stratégique, aura suffisamment de temps à lui consacrer.

Certains fonds se montrent aussi tout à fait transparents sur leur situation financière. XAnge est un pionnier en la matière, dévoilant régulièrement ses performances. D’autres investisseurs évoquent dans des articles de presse ou des posts de blog leurs perspectives, notamment sur leurs propres besoins de financement auprès de leurs limited partners. Autant de signaux à prendre en considération : certains fonds ont du mal à se refinancer et la consolidation du marché est à l’œuvre, comme en témoigne le récent rachat de Cap Horn par Anaxago ; mieux vaut donc miser sur un investisseur qui possède quelques réserves ou dont les performances lui permettent de se mettre à l’abri d’un retournement du marché.

Tendre l’oreille

Mais rien ne remplace le bouche à oreille. La plupart des fonds d’investissement n’hésitent d’ailleurs pas à transmettre les coordonnées d’entrepreneurs qu’ils ont accompagnés si on le leur demande. Et pas question de n’écouter que les belles histoires : les entrepreneurs du portefeuille qui auront le plus de choses à raconter sont ceux qui se sont plantés. Comment l’investisseur les a-t-il soutenus ? Les a-t-il aidés à rebondir ? A-t-il au contraire contribué à l’échec du projet ? Avant le mariage, mieux vaut donc écouter ce que les exs de l’investisseur ont à dire !

De plus en plus de réseaux d’entrepreneurs, formels ou non, facilitent ces échanges. Clubs plus ou moins fermés, groupes Facebook, WhatsApp ou Slack permettent de lancer des lignes pour partir à la pêche aux informations. Outre-Manche, un « Glassdoor des VCs » a même vu le jour. Landscape recense et vérifie les témoignages d’entrepreneurs, qu’il publie ensuite anonymement pour permettre à d’autres dirigeants de se faire une idée sur les investisseurs qui les contactent.

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