Tribune

Comment les chefs d’entreprise peuvent-ils préparer au mieux leur opération capitalistique ?

Comment réussir son opération capitalistique

Le slow life de l’été a laissé place aux plans d’actions de la rentrée. C’est l’occasion idéale pour se lancer dans des nouvelles opérations stratégiques. Les opérations capitalistiques sont, forcément, abordées dans le cycle de vie d’une entreprise. Mais quand faut-il se lancer ? Comment préparer ce changement important pour la vie d’une structure entrepreneuriale ? Une tribune de Florent Jacques, CEO de Finkey.

Par Florent Jacques (Finkey)
Publié le 9/24/2021

Une opération en capital constitue souvent un tournant décisif dans la vie d’une entreprise. Pourtant, ces montages sont rares dans la vie d’un dirigeant car ils se matérialisent à l’issue de cycles de plusieurs années de développement. Dans certains cas, ce type d’opération intervient après une vie entière de dur labeur aux commandes de l’entreprise. C’est un environnement particulièrement méconnu et opaque pour un dirigeant-actionnaire. Quelques conseils sont à retenir pour éviter des erreurs qui peuvent coûter cher, voire déstructurer totalement une entreprise.

Faut-il se faire accompagner ?

Entre banque d’affaires, leveur de fonds, cabinet de fusion-acquisition, on dénombre plus 300 cabinets d’affaires experts dans le domaine. Si l’option d’un accompagnement est retenue, il est indispensable de réaliser une mise en concurrence de 3 à 4 cabinets experts. En effet, les approches transactionnelles et les expertises sectorielles sont très variées en fonction de son interlocuteur. Tout comme la sélection d’un fournisseur, il faut explorer toutes les caractéristiques du futur consultant : expertise métier, historique d’opération (track record), expérience antérieure, taille de l’équipe, réputation, coût de la prestation, modalités d’accompagnement…

Le cabinet doit prendre en charge tout ou partie de l’exécution de l’opération. Il pourra très rapidement apporter une lecture sur la faisabilité de l’opération ses contreparties.

4 étapes clés pour préparer et réussir son opération capitalistique

La mise en place d’une opération en capital est complexe et chronophage pour un chef d’entreprise. Elle influence toutes les parties prenantes de l’entreprise. Il faut considérer les enjeux financiers, stratégiques et opérationnels pour l’entreprise mais également patrimoniaux pour les actionnaires. La gouvernance est également impactée par ce type de transaction.

Les enjeux opérationnels sont souvent prioritaires pour les dirigeants, qui ont tendance à se concentrer sur l’atteinte de leurs objectifs financiers. Ils sont parfois attirés par le terrain ou leur offre de service/produit au détriment de leur vision à moyen/long terme. Cependant, il est important de régulièrement réaliser un travail de fond sur la stratégie d’entreprise et ses possibles conséquences sur les modifications du capital.

On peut identifier 4 grandes étapes dans le processus d’une opération en capital.

Comprendre le contexte actionnarial et ses enjeux

Une opération en capital fait évoluer la répartition actionnariale. Que les actionnaires soient actifs ou dormants, opérationnels ou simplement investisseurs financiers, chacun dispose de droits et d’obligations réciproques dont il faut tenir compte. Il est indispensable de comprendre le contexte actionnarial pour s’assurer que tous les intérêts seront parfaitement alignés dans le cadre d’une future opération.

Tenir compte de la vision stratégique

Le dirigeant d’entreprise reste maître à bord pour déterminer et déployer la stratégie d’entreprise. Il guide seul et prend les décisions fondamentales pour créer la dynamique de croissance de l’entreprise. Son ambition va donner la trajectoire de l’entreprise tout comme la composition de son actionnariat. Les acteurs financiers comme les banques ou fonds d’investissement sont au service de sa vision et de ses enjeux.

Identifier les options financières accessibles

Selon la maturité commerciale, technique et financière des entreprises les montages et outils financiers peuvent être différents. De nombreuses options de financement existent sur le marché pour accompagner les dirigeants (subvention, prêt d’honneur, financement bancaire, aides BPI, fonds d’investissement, investisseurs privés, family office, dette obligataire…).

De même pour une opération de cession, les choix sont variés. Les chefs d’entreprises ont souvent une idée précise de leur futur repreneur. Maximiser le prix de cession n’est pas le seul objectif. Pourtant on observe de nombreuses opérations réalisées sans appel d’offre structuré car le fonctionnement du marché de la cession d’entreprise est souvent méconnu des dirigeants.

Préparer et exécuter l’opération

Enfin, l’anticipation est une des clés de réussite des opérations en capital. Sur le marché, un nombre croissant d’opérations sont menées par opportunité grâce au réseau de proximité du dirigeant. Cette démarche conduit régulièrement les entreprises à des impasses en fin de process. Par ailleurs, le process d’une opération en capital est particulièrement long (6 à 12 mois) et chronophage. Il mobilise très largement le dirigeant par rapport à son quotidien opérationnel. La préparation et l’anticipation font partie des clés de réussite des transactions car elles permettent de lisser la charge de travail en fonction des étapes.

Florent Jacques (Finkey)

Après l’obtention d’un Master Ingénierie Financière & Corporate Finance au sein d'EM Lyon, Florent Jacques commence sa carrière professionnelle en tant que chargé d’affaires senior / private equity au sein de Siparex, groupe leader du capital investissement, où il accompagne des dirigeants de PME dans leurs opérations de croissance. Quatre ans après ses débuts, il décide de lancer Finkey et de mettre son expertise métier au service de son cabinet d’affaires. En parallèle, il est membre de la commission FinTech et du Comité de labélisation de Finance Innovation.