La rentrée scolaire coûte cher aux collectivités locales

Les coûts liés au protocole sanitaire scolaire pèse lourd sur les communes

La rentrée scolaire 2021 s’est faite au niveau 2 d’un protocole sanitaire dévoilé par Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale. Et il s’avère coûteux pour les collectivités locales.

Par Camille Lhenry

Publié le 9/28/2021

Dans son discours du 21 août 2021, le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer a « recommandé fortement » aux collectivités d’équiper les salles de classe de capteurs de CO2 et de purificateurs d’air. Sur le principe, pas d’objection. Les capteurs de CO2 permettent de mesurer la concentration de CO2 dans l’air et de déterminer quand la pièce doit être aérée. Les purificateurs d’air servent à filtrer l’air des micropolluants qu’il contient. En pleine pandémie, c'est donc plutôt utile. Dans les faits, les conseilleurs ne sont pas les payeurs : tout ce qui a trait au fonctionnement et à l’entretien des établissements scolaires n’est pas à la charge de l’État. Ce sont donc les communes qui doivent investir pour les écoles, les départements pour les collèges et les régions pour les lycées.

Et malgré la promesse que « ce n’est pas très coûteux », quand on additionne le prix des appareils, celui de l’installation, et l’entretien annuel, la note est salée. En effet, le prix des capteurs de CO2 oscille entre 100 et 600 euros (en fonction de leur niveau de performance), quand celui des purificateurs d’air démarre à 800 euros. Un prix auquel il faut ajouter le coût de l’installation de ces derniers, situé « entre 2 000 et 3 000 € pour un matériel performant » précise Thierry Ricci, le président de Natéosanté. En sus, il faut, chaque année, changer l’ampoule de chaque appareil et débourser 112 € par machine.

À chacun son budget

Dans un monde parfait, où toutes les classes de France seraient équipées de capteurs de CO2, il en coûterait plus de 62 millions d’euros aux mairies pour leurs 50 130 écoles, près de 30 millions aux départements pour leurs 7 230 collèges et une vingtaine de millions d’euros aux régions pour leurs 4 150 lycées. Au total, la facture s’élèverait donc à près de 660 millions d’euros pour des purificateurs d’air dans toutes les classes du pays. Difficile à assumer pour les collectivités.

À Mornans, en Rhône-Alpes, le maire a investi 10 000 € pour 7 purificateurs d’air. La mairie de Carpentras, dans le Vaucluse, a installé 150 capteurs dans les classes de ses écoles, pour un budget de 30 000 €. Dans les Alpes-Maritimes, à Cannes, la Ville a doté les 230 classes de ses 32 écoles (ainsi que ses 10 crèches municipales) de 300 capteurs de CO2, de 100 capteurs de CO2 avec enregistrement des données (pour les salles où le taux de CO2 est important) et de 120 purificateurs d’air. « Nous avons utilisé la période estivale pour préparer une rentrée scolaire en sécurité sanitaire pour nos enfants et nos enseignants. Le coût total de nos équipements s’élève à environ 250 000 euros, entièrement financés par la municipalité » déclare David Lisnard, le maire de Cannes.

Des aides pas toujours simples à obtenir

Certaines collectivités proposent des subventions à leurs communes. C’est le cas de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui offre une enveloppe de 1 800 euros maximum par établissement pour l’installation de purificateurs d’air. Elle-même a investi 3,4 millions d’euros pour équiper une dizaine d’écoles primaires et 360 lycées. Les Hauts de France ont doté chaque lycée d’un capteur portatif, une initiative qui a coûté environ 120 000 € pour 300 capteurs.

Aujourd’hui, les collectivités territoriales sont, pour certaines, contraintes dans leurs investissements d’où une inégalité vis-à-vis de la santé. Carole Delga, présidente de la région Occitanie est montée au créneau en demandant des mesures de soutien financier à l’État. La demande n’a pour l’instant pas abouti.