Territoires d'Industrie a 3 ans : 1,37 milliard € de crédits déjà engagé par l'Etat

L'industrie cherche à être plus responsable

Lancé il y a exactement trois ans pour venir en aide aux entreprises industrielles, le programme Territoires d'Industrie ne cesse de prendre de l’ampleur. Son directeur, Guillaume Basset, en tire pour Major un bilan à mi-parcours.

Par Frédéric Therin

Publié le 10/13/2021

Trois ans exactement après son lancement, il est temps de faire le point sur le programme Territoires d’industrie. Le Premier ministre, Jean Castex, a en effet annoncé le 6 septembre 2021 son intention d’injecter 150 millions d’euros supplémentaires dans ce dispositif d’aide aux bassins industriels frappés par des restructurations. Il avait reçu une enveloppe initiale de 400 millions d’euros lors de son lancement en octobre 2018 avant d’être enrichi en mai 2021, dans le cadre du plan France Relance, d’une subvention de 300 millions d’euros versée à parité par l’État et les régions.

Aujourd'hui, Guillaume Basset, le Délégué aux Territoires d’Industrie auprès du Ministre de l’économie et des Finances et de la Ministre de la Cohésion des territoires, présente un point d'étape. En 2020-2021, 1 800 projets sont remontés via des plans d'actions de binômes élus-industriels. Parmi ceux-ci, le fonds d'accélération des investissements industriels dans les territoires a soutenu 1 416 projets pour un montant total de 573 millions d'euros de subventions, destinées à accélérer 5,4 milliards d'euros d'investissements industriels dans les territoires. Au-delà des subventions déjà accordées, c'est 1,37 milliard d'euros de crédits qui a déjà été engagé par l'Etat, les régions et les opérateurs partenaires (Ademe, Banque des Territoires, Bpifrance). Le programme dépasse donc avec un an d'avance l'objectif de 1,3 milliard sur quatre ans fixé à son démarrage.

"Côté emploi, ces 1 416 dossiers qui ont déjà été approuvés devraient ainsi permettre de créer 27 255 postes", précise à Major Guillaume Basset. La moitié de ces emplois doivent voir le jour d'ici fin 2023. Mais plus que le nombre de créations d'emplois attendues, c'est la confirmation de l'inversion de la courbe de l'emploi industriel qui réjouit les parties prenantes. La France avait perdu un million d'emplois industriels entre 2000 et 2016. En 2017, 2018 et 2019, elle en a recréé. "Et depuis trois ans (2018-2020), elle est devenue la première destination européenne en termes d'investissements étrangers pour les projets industriels", se réjouissent Jacqueline Gourault (Ministre de la Cohésion des territoires) et Agnès Pannier-Runacher (Ministre déléguée chargée de l'Industrie) en préface du rapport.

Priorité aux PME et ETI

"L’idée derrière ce programme est de venir en aide aux territoires les plus industriels du pays et de réunir autour d’une table tous les acteurs de ce secteur comme les entreprises, les élus locaux, l’État et les opérateurs afin de faire émerger de nouveaux projets", explique Guillaume Basset à Major.

Ce dispositif vise surtout à aider les sociétés industrielles de taille modeste ou moyenne. "Notre volonté était de mettre en place un programme capable de prendre rapidement des décisions et qui ne devienne pas une usine à gaz", souligne Guillaume Basset. A l'arrivée, 84% des projets lauréats émanent de PME et d'ETI, et 69% des projets soutenus se situent dans des territoires fragiles ou prioritaires.

40% des projets ont une dimension écologique

Les projets des industriels portent sur des domaines très variés. Parmi les 1 800 projets remontés, 18% portaient avant tout sur l'attractivité, 17% sur la formation ou l'éducation, 15% sur l'aménagement du territoire, 14% sur les réseaux et plateformes d'accélération, 13% sur l'industrie du futur et la transition numérique, 11% sur l'énergie et la transition écologique... Mais près de 40% des dossiers ont une dimension écologique, que ce soit pour parvenir à s’approvisionner en produits biosourcés, à améliorer les performances énergétiques de leurs usines, ou encore à mieux gérer leurs déchets ou leur consommation d’eau.

"Pour être sélectionné, un projet doit être pertinent et surtout réalisable dans les deux années qui suivent, détaille Guillaume Basset. Il doit bien sûr aussi avoir un impact sur le territoire industriel dans lequel il est implanté, notamment en termes de création d’emplois."

Des projets spécialement développés dans le cadre du programme

Dernière particularité notable, 50% des candidatures soumises concernent des projets spécifiquement construits dans le cadre du programme, qui facilite le rapprochement entre les acteurs : collectivités et industriels, Régions / État, services et opérateurs... De quoi expliquer, avec ce bilan encourageant, l’implication du gouvernement dans ce dispositif qui représente, selon Jean Castex, un "excellent exemple de partenariat entre l'État et les régions." 

"Ce programme est appelé à durer dans le temps, promet Guillaume Basset à Major. Il va y aura une suite aux annonces déjà faites."